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Et mes jambes, tu les aimes mes jambes ?

  • Aymeric CARON :  Brigitte, le Ramadan a commencé hier en France.
  • Brigitte BARDOT :  Je m’en fous, oui. Le Ramadan, je m’assieds dessus. Moi, ce que je trouve ridicule, c’est qu’aucun Dieu, aucune religion, ne demande de torturer un sacrifice au moment de la mise à mort d’animaux pour notre survie. Je trouve ça scandaleux. Bon. Donc il y a une dérogation française qui laisse la viande kacher et la viande halal avec des sacrifices religieux traditionnels épouvantables. Bon. Mais maintenant, c’est qu’elle a envahi la France, cette viande halal, et que vous, votre copain à côté, les gens qui nous écoutent, en mangent sans le savoir. Parce que 80 % des abattoirs français ne pratiquent plus l’étourdissement avant la saignée, parce que ça va plus vite et qu’on peut en vendre partout pour les musulmans. Les musulmans, maintenant, ils vont dans n’importe quel restaurant, ils n’ont pas besoin de choisir un restaurant halal : ils savent que la viande qu’on va leur donner sera de la viande halal.
  • Aymeric CARON :  Ça, c’est vous qui l’affirmez mais vous en avez la preuve ?
  • Brigitte BARDOT :  Ah oui, ça oui, alors. Je vais vous dire : ma fondation ne fait que ça. On envoie des gens dans des abattoirs, on voit ce qu’il s’y passe, on va voir le ministre de l’Agriculture. Vous croyez qu’il bouge son cul ?
  • Aymeric CARON :  Ce que vous souhaitez, Brigitte, c’est que l’abattage halal soit complètement interdit en France ?
  • Brigitte BARDOT :  Ce que je voudrais, c’est que l’abattage halal au moins ne concerne que la viande pour les musulmans et qu’elle ne soit pas envahissante pour les consommateurs Français. Voilà.
  • Aymeric CARON :  Brigitte, vous avez eu par le passé des propos assez durs vis-à-vis de l’immigration, vis-à-vis des Français d’origine étrangère. Est-ce que vous approuvez les mesures récentes proposées par le gouvernement en matière de sécurité, et je pense notamment à la déchéance de nationalité pour certains actes ?
  • Brigitte BARDOT :  Bien sûr ! Mais pourquoi ils continueraient d’être Français, quand ils ne font que des conneries et des saloperies. Ah ! Non, non, ça je suis tout à fait d’accord là-dessus. Ecoutez, quand on est Français, il y a une certaine dignité à avoir, à ne pas faire n’importe quoi ! Je ne sais pas moi, j’irais en Suisse ou en Angleterre ou en Allemagne, j’essayerai de respecter les lois et les façons de vivre de ces gens-là !
  • Aymeric CARON :  Est-ce que vous ne regrettez pas certaines de vos prises de position politique, en vous disant qu’elles ont peut-être nui à votre combat pour les animaux ?
  • Brigitte BARDOT :  Je m’assieds dessus, j’ai le courage de mes opinions, je n’ai pas une langue de bois et je suis bien la seule dans ce putain de pays.
  • Aymeric CARON : Et si jamais, il devait y avoir un biopic sur vous, qui aimeriez-vous voir dans votre rôle ?
  • Brigitte BARDOT : Personne ! Il n’y en a pas une qui peut le faire, voilà !
  • Aymeric CARON : Pourquoi ?
  • Brigitte BARDOT : Parce que… C’est comme ça.
  • Aymeric CARON : Qu’est-ce qui leur manque aux actrices françaises pour jouer votre rôle ?
  • Brigitte BARDOT : Ma personnalité, voilà !
  • Aymeric CARON : Vous pensez qu’elles n’ont pas assez de personnalité, les actrices actuelles ?
  • Brigitte BARDOT : Elles ont leur personnalité, mais elles n’ont pas la mienne.
  • Aymeric CARON : Vous n’aimez pas trop, le cinéma français de ces dernières années. Qu’est-ce que vous lui reprochez exactement ?
  • Brigitte BARDOT : Il est nul.
  • Aymeric CARON : Il est nul, mais argumentez un peu, pourquoi il est nul ?
  • Brigitte BARDOT : Parce qu’il n’a rien à voir avec le vrai cinéma d’auteurs, de dialogues, de scénarios, de mises en scène…
  • Aymeric CARON : C’est dur de dire ça. Ce n’est pas un peu passéiste, parce qu’il y a quand même des réalisateurs, comme…
  • Brigitte BARDOT : Ecoutez, moi, je suis peut-être passéiste, dites donc vous savez quel âge j’ai ?
  • Aymeric CARON : Non, mais il y a des réalisateurs comme AUDIARD par exemple, qui sont aujourd’hui, encensés, justement, dans leur manière d’écrire les films, de les réaliser.
  • Brigitte BARDOT : Quel AUDIARD ?
  • Aymeric CARON : Jacques AUDIARD.
  • Brigitte BARDOT : Je connais Michel, moi.
  • Aymeric CARON : « Un prophète ».
  • Brigitte BARDOT : Voilà !
  • Aymeric CARON : Donc il n’y a aucun réalisateur non plus, qui ne réussira à vous convaincre de revenir, devant la caméra ?
  • Brigitte BARDOT : Non, mais vous vous foutez de ma gueule ou quoi là !
  • Aymeric CARON : Non, pas du tout !
  • Brigitte BARDOT : Arrêtez vos conneries, parce que ce n’est pas la peine.

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